MON EXPÉRIENCE AVEC PT. POS INDONESIA

Première mésaventure indonésienne, mon expérience avec PT. Pos Indonesia, entreprise d’état opérateur de services postaux.

Je suis plutôt méfiante et très sélective en ce qui concerne les produits et aliments que j’achète pour le petit singe. Et en France, nous avions nos petites habitudes. Bien-sûr, le fait de vivre à l’étranger chamboule notre vie et nos habitudes, mais pour certains produits, je continue à me fournir dans notre pays.

Il nous était interdit de mettre des produits alimentaires dans notre déménagement, nous avons donc ramené le lait de croissance en poudre dans nos valises. J’avais prévu 6 boîtes en pensant que cela suffirait pour tenir jusqu’à la visite de papi et madile avec le ravitaillement, en septembre. Mais j’ai finalement vu un peu juste.

J’ai donc demandé à madile de nous faire un colis pour nous envoyer des boîtes de lait de croissance HiPP Biologique, du Camilia, un médicament homéopathique utilisé pour soulager bébé lors des poussées dentaires, et des lingettes de la marque Love & Green. J’ai cherché et impossible de trouver ici des lingettes sans phénoxyéthanol.

Le colis devait arriver d’ici 2 semaines, et après 3 semaines sans nouvelle, nous avons vérifié l’état de suivi. Votre colis est retenu par les services postaux en raison d’une facture manquante. Le destinataire du colis va être contacté. Il y a peu de chance qu’ils m’appellent, et si on veut revoir notre colis, il va falloir agir.

Mon mari a alors questionné un de ses collègues de travail indonésien. Étonné que nous ayons choisi la poste indonésienne plutôt qu’un transporteur privé tel que DHL, il a d’abord rigolé… On est mal ! Il lui a ensuite expliqué que les services postaux indonésiens ne sont pas très efficaces, et que cela peut mettre beaucoup de temps. Puis il lui a conseillé de nous déplacer au bureau de poste de notre secteur pour nous renseigner.

C’est ainsi que mon aventure a débuté !

Je ne parle pas indonésien, et les employés de PT. Pos Indonesia ne vont certainement pas parler anglais. Je ne peux pas me pointer là-bas toute seule sans rien préparer.

Nous sommes mercredi matin, 10h30, et j’ai cours de langue avec Ida, mon professeur de bahasa Indonesia. Je lui explique ma situation et lui demande si elle peut m’accompagner au bureau de poste. Peu convaincues que le colis s’y trouvera, nous prenons une voiture pour nous y rendre. Et effectivement, le paquet n’y est pas. La personne présente au comptoir nous conseille de téléphoner au bureau de poste principal. Ida tente cette option mais personne ne répond au téléphone. Nous décidons donc de continuer notre périple et de nous y rendre directement. Ida appelle une autre voiture et nous voilà partis dans le sud de Jakarta, vers le bureau de poste de Fatmawati.

Ma ceinture ne fonctionne pas. Espérons que l’on ne prendra pas l’autoroute.  Et bim !  Notre voiture se prend un camion ! Mini choc, tout va bien. Ébahie, je constate que tout le monde s’en fout. Personne ne s’arrête, ni le camion, ni notre chauffeur qui grimace un peu en pensant à la rayure qu’il y aura sur sa voiture.

On arrive là-bas un peu avant 13h. Le hall est très grand. Tout est orange, couleur de PT. Pos Indonesia. Il y a plusieurs guichets mais nous nous dirigeons tout au fond, vers le Service clients. Toutes les employées ont la même tenue et portent un voile gris. Nous nous dirigeons vers une femme assise à un bureau. Sérieuse et peu souriante, elle nous confirme que mon colis est au contrôle sanitaire, probablement à cause des médicaments. C’est sûrement le Camilia qui leur pose problème… Elle explique à Ida que cela peut prendre plusieurs semaines. Elles parlent longuement toutes les deux. Je suppose que mon professeur de langue explique qu’il s’agit de lait pour bébé et que c’est assez urgent. Puis elles échangent leur numéro de téléphone. Ida m’explique qu’elle va se renseigner sur l’endroit où se trouve mon colis pour que je puisse le récupérer rapidement. Elle contactera Ida pour lui donner les informations.

Je demande alors à Ida s’il faudra glisser un petit billet pour récupérer le colis. Je sais que c’est une pratique courante dans ce pays. Ida hésite et me répond qu’il faudra probablement payer quelque-chose.

Je rentre à 14h30, fatiguée et affamée.

En fin d’après-midi, Ida me transfère les informations envoyées par la dame du Service clients. Mon colis est au bureau de poste Pasar Baru, Kantor Pos Pasar Baru. Nous prenons donc rendez-vous ce vendredi pour nous y rendre.

Ida me rejoint à 10h30 pour reprendre notre périple. Nous arrivons au bureau de poste vers 11h. Ida explique notre situation à quelqu’un de l’accueil et je la suis à l’étage, au bureau de supervision et de service, Kantor Pengawasan dan Pelayanan, qui s’occupe des droits de douane et d’accise, Bea dan Cukai. Nous leur montrons les informations fournies par l’employée du bureau de poste de Fatmawati, que j’ai pris soin d’imprimer, et Ida leur indique que je souhaite récupérer le colis aujourd’hui. Ils nous envoient vers un autre bureau.

Nous prenons l’ascenseur pour descendre, et nous nous retrouvons dans le hangar où sont entreposés les colis en partance.

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On traverse le parking extérieur où se trouvent les camions oranges de la poste indonésienne et on entre dans un petit bureau où se trouvent trois personnes, une femme et deux hommes. Ils sont tous en uniforme et la femme porte un voile coloré. Je lis leur badge pour apprendre qu’ils s’occupent de la quarantaine animale et agricole. Je dois m’assoir. La femme parle un peu anglais et s’adresse à moi directement. Elle m’explique que le lait en poudre est contrôlé car c’est un produit d’origine animale, et nous aurions dû indiquer tous les composants sur le colis. D’accord, mais concrètement, on fait quoi ? Ils finissent par parler en indonésien et je ne peux plus comprendre. Je me demande toujours combien je vais devoir payer. La dame explique que si le contenu du colis a une valeur supérieure à 100 dollars américains, il faut payer 900 000 roupies indonésiennes soit environ 54 euros. What the fuck ? La valeur de mon colis est de 73 euros. Pfiou… Du coup je dois payer combien ? Je ne le sais toujours pas, mais à priori moins de 900K. Nous devons revenir après 13h avec des timbres pour pouvoir signer des papiers. 13h ! Pfff

On retourne dans le hall principal pour acheter 4 timbres à 6 000 roupies chacun. Ces timbres s’appellent Meterai tempel et sont utilisés en Indonésie pour légaliser un document officiel. Puis nous décidons d’aller déjeuner en attendant 13h.

Il est 13h30 lorsque nous revenons. Ils ont préparé les papiers et me demandent deux timbres. On appose un timbre sur chaque document, et je les signe. A priori il faut payer 5 180 roupies. Je suis étonnée et soulagée que ce soit si peu cher. Puis Ida propose de nous prendre en photo avec mon appareil. Ah bon ?! Are you sure ? Ils n’ont pas l’air commode quand même…

Et si, très sympathiques, ils ont tous posé sur la photo !

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Nous nous rendons dans un autre bureau quelques mètres plus loin pour payer. Je donne 10 000 roupies en liquide (pour payer 5 180 roupies) et on me rend 5 000 roupies. A priori ils ne sont pas trop à cheval sur les « centimes ». 180 roupies représentent 1 centime d’euro.

Puis on retourne de nouveau dans l’autre bureau. Ils discutent avec Ida, puis elle m‘indique que je peux les remercier ! Euh ! Ça fait 3 heures que je suis là… Ils m’ont un peu soûlée en fait…

Bon ok !  Terima kasih banyak !  Merci beaucoup !

Pour la petite anecdote, « merci » se dit « terima kasih » en bahasa Indonesia. Ida m’a appris à dire « banyak » assez récemment, ce qui signifie « beaucoup ». Il est rare qu’un étranger le dise, et ils étaient plutôt surpris et contents. Je marque des points !

Je suis optimiste. On reprend l’ascenseur pour retourner au bureau de supervision et de service. Il y a plus de monde que tout à l’heure. Ida prend un ticket et on s’assoit sur les derniers fauteuils libres. Il y a une télévision devant moi avec Titanic en noir et blanc et traduit en bahasa Indonesia. Cela me fait patienter. La salle se vide et je peux me rapprocher d’Ida. Je lui demande si c’est ici que l’on va récupérer mon colis. Et elle me dit qu’elle a entendu un employé dire que leur logiciel ne fonctionne plus et qu’il est probable qu’on ne puisse pas récupérer le colis aujourd’hui. What ?!

Lorsque notre tour arrive, je garde bon espoir. La personne au comptoir numéro 3 regarde le papier tamponné par le bureau de la quarantaine animale, puis me demande le papier que nous avions tout à l’heure. Agacée, je dis à Ida que le bureau précédent l’a gardé ! Je retrouve une photo du document sur mon téléphone et lui montre. Il part quelques instants. On attend.

Lorsqu’il revient, il nous explique que le logiciel est en panne et qu’il peut me faire livrer le colis à mon domicile. C’est une blague ?! Il est 14h15, je suis ici depuis plus de 3 heures. Pas question, j’attends, je ne repars pas sans mon colis !

Je propose à Ida de rentrer chez elle, je peux attendre seule, mais elle refuse de m’abandonner ici. On s’assoit de nouveau et on attend.

À 14h45, je demande à Ida si elle pense que ça va être long, car j’ai mon petit singe à récupérer. Le « daycare » (la crèche) ferme à 18h. Je m’inquiète des embouteillages, plus on partira tard et plus la circulation sera encombrée et difficile.

Ida demande des détails sur la situation. On lui explique que le problème vient du siège et qu’ils attendent. Ils ne peuvent pas savoir combien de temps cela va prendre. Soit je reviens lundi. No way ! Soit ils me l’envoient chez moi. Doit-on payer quelque-chose en plus ? Non. Combien de temps cela va prendre ? Maximum 7 jours. Déçue, je capitule. Ok, let’s do that (faisons comme ça). On commence la paperasse pour l’envoi à domicile quand la personne au comptoir d’à côté se tourne vers son collègue et lui dit en indonésien que cela fonctionne de nouveau !

« Al hamdoulillah » (Dieu soit loué) prononce Ida les mains vers le ciel. Tout le monde est soulagé et affiche un grand sourire.

On va récupérer le colis !

On attend de nouveau notre tour, et ils nous donnent un énième papier. A priori, ils ne demanderont pas plus d’argent.

Il est 15h. On redescend et on traverse de nouveau l’entrepôt pour retourner au bureau où j’avais payé les 5 000 roupies. On leur donne le papier et ils nous sortent une autre facture. Ah raté, il faut encore payer. 20 000 roupies. Et on s’assoit pour attendre le colis.

Le voilà enfin ! Mon colis ! Le Graal ! Avant de partir, on savoure la victoire et on fait une petite photo pour fêter l’événement.

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Ida et le colis

On arrive à Ascott Kuningan à 16h15 et je manque d’oublier le colis dans la voiture. Oups. Ida se rend à la mosquée de mon building tandis que je rentre chez moi pour ouvrir ma boîte. Tout y est ! Un sachet de Camilia a été ouvert, probablement par la douane, mais les boîtes de lait sont bien fermées. Ouf !

Je suis surprise de n’avoir pas payé plus cher. 4 timbres à 6 000 chacun, 5 000 puis 20 000. Un total de 49 000 roupies, soit environ 3 euros. Ce sont les trajets qui m’ont coûté cher, et bien-sûr, ma guide et traductrice pendant ces 2 jours d’expédition. J’ai donné à Ida 300 000 roupies par jour, soit un total de 36 euros. Et j’ai dû payer environ 250 000 roupies, soit 15 euros, pour tous les trajets en voiture. J’ai donc payé près de 900 000 roupies (coïncidence ?), soit plus de 50 euros pour récupérer un paquet dont l’expédition nous avait déjà coûté 56 euros en France.

Ça fait cher quand même.

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